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Festina Lente

Cahier II

Les Supports

Papyrus, parchemin, papier : sur quoi écrit-on, et qu'est-ce que cela change à la forme du livre ?

La question du support est la première à se poser. C'est elle qui rend possible l'« écrit mobile », un texte que l'on peut transporter, conserver et transmettre, et qui a donné naissance au livre. C'est aussi elle qui conditionne la forme de l'écrit : on n'écrit pas, on ne plie pas et on ne relie pas de la même façon une feuille de papyrus, une peau ou une feuille de papier.

Nous laissons ici de côté les supports numériques.

Le papyrus

Le papyrus est le premier grand support de l'écrit et de l'image de l'Antiquité. Avec lui naît une véritable culture du livre : on peut y coucher des textes longs et complexes, et l'illustrer.

On l'associe à l'Égypte, et pour cause : la plante, un roseau qui pousse dans les marais du Nil, n'y est cultivée et transformée qu'à cet endroit. Mais le papyrus est utilisé dans tout le bassin méditerranéen. Exporté en Grèce puis à Rome, il connaît un succès considérable, d'autant qu'il se conserve très bien sous un climat sec et stable.

Fragment de papyrus écrit
Un fragment de papyrus.

La fabrication d'une feuille

On coupe la tige de la plante, de section triangulaire, en tronçons de même longueur. Il faut ensuite en tirer de fines lamelles, ce qui peut se faire de trois manières :

  1. en découpant simplement la tige en tranches parallèles ;
  2. en la découpant par les côtés, couche après couche ;
  3. en la « déroulant » en spirale, d'un seul tenant : la méthode la plus difficile, mais qui donne les lamelles les plus longues.
Trois façons de découper la tige de papyrus Trois coupes de tige triangulaire : découpée en tranches parallèles, découpée couche par couche depuis les côtés, ou déroulée en spirale. 1. tranches parallèles 2. par les côtés couche par couche 3. en spirale déroulée
La tige vue en coupe ; les pointillés marquent la découpe.

Les lamelles sont posées côte à côte sur une première couche, puis une seconde couche est posée par-dessus, perpendiculairement. On presse et on bat l'ensemble : les fibres, encore humides, adhèrent entre elles, la sève de la plante jouant le rôle de liant. Une fois sèche, la feuille est polie pour éliminer les aspérités qui accrocheraient le calame.

Les feuilles sont enfin collées bout à bout pour former un rouleau, souvent de plusieurs mètres. On écrit en général sur une seule face, celle où les fibres sont horizontales et guident la ligne d'écriture, et qui se trouve à l'intérieur du rouleau, à l'abri.

Les deux couches croisées d'une feuille de papyrus Une couche de lamelles verticales, recouverte d'une couche de lamelles horizontales ; pressées ensemble, elles forment la feuille. couche horizontale face écrite couche verticale au revers couche du dessus en partie
Deux couches de lamelles croisées.

Les limites du papyrus

  • Une seule face utilisée : la surface d'écriture est limitée.
  • Le rouleau prend beaucoup de place : un ouvrage peut occuper plusieurs rouleaux, ce qui multiplie les risques de perte.
  • Une production concentrée en Égypte : le papyrus doit être acheminé de loin, et son approvisionnement dépend de la situation politique.
  • Un support fragile hors du climat méditerranéen : il supporte mal l'humidité, et casse lorsqu'on le plie, ce qui le rend peu adapté au codex (voir la rubrique Le Codex).

Selon une tradition rapportée par Pline l'Ancien, c'est un embargo de l'Égypte sur le papyrus, au IIe siècle avant notre ère, qui aurait poussé la ville de Pergame, grand centre intellectuel du monde grec, à développer un autre support : le parchemin, dont le nom dérive d'ailleurs de celui de la ville. L'anecdote est sans doute embellie, car les peaux préparées servaient déjà de support d'écriture auparavant, mais elle dit bien l'intérêt d'un matériau que l'on peut produire partout.

Le parchemin et le vélin

Le parchemin est une peau animale préparée pour recevoir l'écriture : le plus souvent du mouton, de la chèvre ou du veau. On réserve le nom de vélin à la peau de veau très jeune, parfois mort-né, la plus fine, la plus blanche et la plus douce. La qualité d'un parchemin se reconnaît surtout à sa souplesse, mais elle reste difficile à juger à l'œil nu.

Le vélin est réservé aux livres de grande qualité, tandis que les parchemins plus épais et plus robustes servent pour les registres, les actes ou les reliures. Le parchemin a une très longue vie : il reste utilisé après l'arrivée du papier pour les documents qui doivent durer ou résister à l'eau (actes officiels, cartes marines), on imprime même des livres de luxe sur vélin, et au Royaume-Uni les lois votées par le Parlement sont aujourd'hui encore conservées sur vélin.

Carte dessinée sur une peau entière de parchemin
Une carte sur parchemin : on reconnaît encore la forme de la peau, avec le cou à gauche.

La fabrication du parchemin

  1. On abat l'animal et on prélève la peau.
  2. On fait tremper la peau plusieurs jours dans un bain de chaux, qui relâche les poils.
  3. On retire les poils et on gratte les restes de chair (l'écharnage), sur un chevalet.
  4. On tend la peau humide au maximum sur un cadre, la herse, pour l'empêcher de se rétracter en séchant.
  5. Pendant le séchage, on la gratte encore avec un couteau en forme de demi-lune pour l'amincir et l'égaliser : un travail minutieux, car on risque de percer la peau.
  6. On la ponce, puis on la découpe en rectangles, qui sont vendus aux ateliers de copie.
Un artisan gratte une peau posée sur un chevalet
Le travail de la peau sur le chevalet.
Un artisan gratte une peau tendue sur un cadre
La peau tendue sur son cadre et grattée au couteau.

La technique varie peu tout au long du Moyen Âge.

Côté poil, côté chair

Une peau a deux faces bien différentes. Le côté poil (ou côté fleur) est plus jaune et plus rugueux ; à la loupe, on y voit les petits points laissés par les follicules des poils. Le côté chair est plus blanc, plus lisse et plus doux.

Dans un cahier de parchemin, les copistes disposent le plus souvent les bi-feuillets de façon qu'en ouvrant le livre, deux pages en vis-à-vis présentent toujours la même face : poil contre poil, chair contre chair. La double page reste ainsi homogène. C'est ce que les codicologues appellent la règle de Grégory, du nom du savant qui l'a observée au XIXe siècle.

La règle de Grégory Deux doubles pages : l'une montre deux faces côté chair, blanches et lisses ; l'autre deux faces côté poil, plus jaunes et piquetées. chair | chair blanc et lisse poil | poil jaune et piqueté deux pages en vis-à-vis : toujours la même face
La règle de Grégory.

Se rendre compte du coût

La taille d'un livre dépend de ce que l'on peut tailler dans une peau. Une grande peau ne donne qu'un ou deux bi-feuillets de grand format : une grande Bible pouvait ainsi demander plusieurs centaines de peaux, c'est-à-dire un troupeau entier. Il faut y ajouter le temps de préparation, et le manque à gagner de l'éleveur qui sacrifie de jeunes bêtes. On comprend pourquoi les livres coûtent si cher, pourquoi on se contente souvent de parchemin plutôt que de vélin, et pourquoi les bibliothèques particulières du Moyen Âge ne comptent souvent que quelques volumes.

Avantages et inconvénients

Les avantages

  • Sa durabilité et sa robustesse.
  • Une production possible partout où l'on élève des bêtes.
  • On écrit des deux côtés : la surface d'écriture double.
  • Il supporte le pli, et se prête donc au codex.
  • Sa blancheur et sa douceur se prêtent à la peinture (enluminure).
  • Il peut être réutilisé : c'est le palimpseste.

Les inconvénients

  • Son coût, financier et animal.
  • Sa préparation longue et délicate.
  • Les défauts de la peau : trous de grattage, cicatrices, que le copiste doit contourner ou recoudre.
  • Sa sensibilité aux variations d'humidité : il gondole, d'où l'usage des fermoirs sur les reliures.

Le palimpseste

Comme le parchemin est précieux, on n'hésite pas à le réutiliser : on gratte ou on lave l'ancien texte pour en écrire un nouveau par-dessus. Le résultat s'appelle un palimpseste. L'ancien texte n'a pas totalement disparu, et les techniques d'imagerie (lumière ultraviolette, imagerie multispectrale) permettent aujourd'hui de le faire réapparaître. C'est ainsi qu'on a pu lire des traités inconnus d'Archimède, copiés au Xe siècle, effacés puis recouverts en 1229 d'un texte liturgique. Le monastère Sainte-Catherine du Sinaï conserve à lui seul de nombreux palimpsestes en cours d'étude.

Une longue cohabitation avec le papyrus

Le parchemin ne remplace pas le papyrus du jour au lendemain. La chancellerie pontificale emploie encore le papyrus pour certaines bulles jusqu'au XIe siècle. Il existe même des codex mixtes, comme un manuscrit des Sermons de saint Augustin copié vers 700 (Bibliothèque de Genève) : chaque cahier y associe des feuillets de papyrus au centre et un bi-feuillet de parchemin à l'extérieur, plus solide, pour protéger l'ensemble tout en limitant le coût.

Le papier

Une invention venue de loin

Comme le papyrus, le papier est fait de matière végétale. Il est inventé en Chine : on en connaît des exemples dès les derniers siècles avant notre ère, et la tradition attribue sa mise au point au fonctionnaire Cai Lun, en 105. Le procédé gagne le monde arabe au VIIIe siècle (Samarcande, puis Bagdad), et c'est par lui qu'il atteint l'Europe : d'abord l'Espagne musulmane, où l'on fabrique du papier dès le XIe siècle, puis l'Italie, où les moulins de Fabriano deviennent célèbres au XIIIe siècle. Le papier se diffuse ensuite dans toute l'Europe à la fin du Moyen Âge, et l'imprimerie en fera une consommation massive.

La fabrication du papier

Jusqu'au XIXe siècle, le papier européen n'est pas fait de bois mais de vieux chiffons de lin ou de chanvre, collectés par les chiffonniers. Une bonne méthode de recyclage ? Sur le papier, oui ; mais la fabrication rejetait beaucoup d'eau polluée, et son rendement serait bien trop faible pour nos besoins actuels. Les moulins à papier s'installent là où l'on trouve en abondance de l'eau claire et des chiffons : la Champagne ou l'Auvergne, par exemple, en France. Le travail se fait en neuf étapes :

  1. On trie les chiffons selon leur qualité et leur couleur, en ne gardant que les plus clairs pour le beau papier.
  2. On retire les coutures, boutons et autres éléments : c'est le délissage.
  3. On découpe les chiffons en petits morceaux.
  4. On les laisse fermenter, humides, dans une cuve : le pourrissoir, qui commence à décomposer les fibres.
  5. On les broie et on les défibre dans des mortiers, avec des pilons actionnés à la main ou par un moulin à eau (le moulin à maillets), jusqu'à obtenir une bouillie de fibres.
  6. La pâte, très diluée dans une cuve d'eau tiède, est puisée par l'ouvreur à l'aide de la forme, qui donne à la feuille sa taille.
  7. Les feuilles sont pressées entre des feutres pour en chasser l'eau, puis trempées dans une colle à base de gélatine qui les rend imperméables à l'encre, et pressées de nouveau : c'est le travail des colleurs.
  8. On les fait sécher, suspendues, dans l'étendoir.
  9. On corrige enfin leurs défauts en les épluchant et en les lissant.
Atelier de délissage des chiffons
Le délissage.
Le pourrissoir
Le pourrissoir.
Le dérompoir
Le dérompoir.
Le moulin à maillets
Le moulin à maillets.
L'atelier de l'ouvreur
L'ouvreur.
L'atelier des colleurs
Les colleurs.
Le séchage dans l'étendoir
L'étendoir.
L'épluchage et le lissage
L'épluchage et le lissage.

La forme à papier

La forme est l'outil qui fait la feuille. C'est un cadre de bois tendu d'un treillis de fils de laiton : des fils très fins et très serrés, les vergeures (A), soutenus à intervalles réguliers par des fils plus gros, les lignes de chaînette (B), cousus sur des réglettes de bois, les pontuseaux (D). Un second cadre amovible, la couverte, retient la pâte sur les bords.

L'ouvreur plonge la forme dans la cuve, la ressort chargée de pâte et la secoue pour répartir les fibres : l'eau s'écoule à travers le treillis, et les fibres restent en surface pour former la feuille. On travaille généralement avec deux formes jumelles, utilisées en alternance : un même papier peut donc présenter deux filigranes très légèrement différents.

A — Vergeures
Les fils fins et serrés, aussi appelés lignes de vergeure.
B — Lignes de chaînette
Les fils plus épais qui soutiennent les vergeures.
C — Tranchefile
La ligne de chaînette supplémentaire, au bord de la forme.
D — Pontuseau
La réglette de bois sous chaque ligne de chaînette ; le « pontuseau porteur » soutient le filigrane.
E — Filigrane
Le dessin en fil cousu sur la forme, généralement au milieu d'une des deux moitiés.
F — Contremarque
Une marque plus petite, souvent des initiales, placée dans l'autre moitié.
G — Points d'attache
Les petits points de couture qui fixent le filigrane.
H — Portée
L'écart entre deux lignes de chaînette.
Les éléments de la forme à papier Une forme vue de dessus : les vergeures horizontales serrées, les lignes de chaînette verticales, la tranchefile au bord, le filigrane dans la moitié droite et la contremarque dans la moitié gauche. I · B A B C D E F G H le pontuseau (D) est sous la ligne de chaînette
La forme vue de dessus.

Pourquoi voit-on les lignes ?

Au-dessus de chaque fil, la couche de pâte est un peu plus mince qu'ailleurs. Une fois la feuille sèche, ces zones laissent mieux passer la lumière : placez une feuille de papier ancien devant une source lumineuse, et vous verrez apparaître les vergeures, les lignes de chaînette et le filigrane, plus clairs que le reste de la feuille. Le papier fabriqué à la machine, à partir du XIXe siècle, n'a plus ces lignes, sauf lorsqu'on les imite volontairement (papier « vergé »).

Coupe d'une feuille sur la forme La couche de pâte repose sur les fils de la forme ; au-dessus de chaque fil, elle est plus mince et donc plus claire à contre-jour. pâte à papier ligne de chaînette vergeures ligne de chaînette
Plus mince au-dessus des fils : plus clair à contre-jour.

Le filigrane

Le filigrane est un dessin réalisé en fil métallique et cousu sur la forme par le papetier, à l'aide de points d'attache. Il identifie le moulin, et parfois la qualité ou le format du papier. Il change d'un fabricant à l'autre, mais aussi d'une forme à l'autre, et il suit la mode de son temps. En France, des règlements du XVIIIe siècle imposent même d'y faire figurer le nom ou les initiales du fabricant et le lieu de fabrication.

À retenir sur la forme et le filigrane :

  • le filigrane change de producteur en producteur, et avec chaque forme ;
  • les formes n'ont pas toutes la même taille, et l'écart entre les lignes de chaînette varie ;
  • une forme dure en général deux à trois ans ; elle s'use, ses fils se détendent et les marques deviennent plus floues.
Filigrane visible dans une feuille de papier ancien
Un filigrane, vu par transparence.

Dater et identifier un papier

Le papier coûte cher : on ne le stocke pas longtemps, et il s'écoule en général quelques mois, au plus quelques années, entre sa fabrication et son utilisation. Identifier un filigrane, en le comparant aux répertoires, permet donc de dater un papier, et par lui un document non daté, une édition sans date ou une estampe. Il faut rester prudent : un même filigrane a pu être utilisé longtemps, et un papier a pu attendre dans un stock.

Le grand répertoire de référence reste celui de Charles-Moïse Briquet, Les Filigranes (1907, réédité en 1968), qui recense plus de 16 000 filigranes antérieurs à 1600. Aujourd'hui, les répertoires se consultent en ligne, notamment grâce au portail européen Bernstein – The Memory of Paper, qui réunit plusieurs bases de filigranes numérisées.

L'évolution de la qualité du papier

La qualité d'un papier dépend de quatre variables : la couleur du chiffon utilisé, sa nature, les proportions de gélatine, de calcium et d'autres ajouts dans la pâte, et la quantité de fibres par rapport à la quantité d'eau. Elle varie selon les centres de production : un livre imprimé à Venise au XVIIIe siècle est souvent d'un blanc éclatant, souple mais peu résistant ; un livre imprimé en France est plutôt de couleur crème, moins souple mais plus robuste.

Elle évolue aussi dans le temps. La production de papier augmente fortement, alors que la matière première, le chiffon, reste limitée : on cherche à produire plus avec moins. Les mesures réalisées sur des milliers de livres anciens montrent ainsi, entre 1500 et 1900 :

  • une baisse du taux de gélatine, très nette au XVIe siècle ;
  • une baisse régulière du taux de calcium ;
  • une forte diminution de l'épaisseur au XVIe siècle, puis une stabilisation, avec une légère remontée au XIXe siècle ;
  • un papier de plus en plus acide (son pH baisse), ce qui nuit gravement à sa conservation.

C'est pourquoi un incunable du XVe siècle est souvent en meilleur état qu'un journal du XIXe siècle, imprimé sur un papier bon marché et acide qui jaunit et s'effrite.

Tendances de la qualité du papier, 1450-1900 Quatre petits graphiques de tendance : la gélatine chute au XVIe siècle puis reste basse ; le calcium baisse régulièrement ; l'épaisseur chute au XVIe siècle, se stabilise puis remonte légèrement ; le pH baisse jusqu'au XIXe siècle. Gélatine Calcium Épaisseur pH (acidité) 14501900 14501900 14501900 15001900 courbes de tendance simplifiées, sans valeurs
D'après les mesures de Timothy Barrett, université de l'Iowa.
Fibres et impuretés visibles dans une feuille de papier ancien
Fibres et impuretés prises dans la pâte.
Journal ancien jauni et déchiré
Un papier journal acide, jauni et cassant.

La taille du papier

Les dimensions des feuilles, comme leur forme rectangulaire, ont été normalisées très tôt. À Bologne, une pierre gravée du XIVe siècle fixe ainsi les tailles officielles des feuilles vendues dans la ville, sous des noms comme « impériale » ou « royale ». Ces noms se diffusent dans toute l'Europe et perdurent longtemps : on les retrouve encore dans les encyclopédies du XIXe siècle.

Ces normes ont une conséquence directe sur le prix des livres : plus une feuille est grande, plus elle est chère. Le choix du papier et du format crée ainsi des gammes de livres, du plus luxueux au plus modeste (voir la rubrique Le Codex pour le lien entre feuille et format).

Pierre gravée de Bologne indiquant les tailles de papier
La pierre de Bologne (XIVe siècle).
Tableau des dimensions et des noms des papiers
Les mêmes noms de formats, au XIXe siècle.

Les autres supports

Les supports de l'écrit ne se limitent pas au papyrus, au parchemin et au papier, même si très peu d'entre eux ont pu prendre la forme d'un codex.

  • La cire, étalée sur des tablettes de bois, est utilisée dès l'Antiquité et jusqu'à l'époque moderne, notamment à l'école : facilement effaçable et réutilisable, elle est faite pour des écrits éphémères.
  • L'ardoise sert aux mêmes usages : on a retrouvé à Rennes, lors des fouilles du couvent des Jacobins, une plaque de schiste du XVe siècle portant une partition de chant.
  • Le bois se dégrade avec le temps, sauf conditions exceptionnelles : les tablettes de Vindolanda, au nord de l'Angleterre, écrites à l'encre à l'époque romaine, ont survécu grâce à la boue qui les privait d'air.
  • L'écorce de bouleau a été utilisée en Russie : à Novgorod, on a retrouvé les exercices et les dessins d'Onfim, un enfant du XIIIe siècle.
  • Les feuilles de palmier, ou ôles, ont servi de support aux livres en Asie du Sud et du Sud-Est.
  • La pierre, enfin, est choisie pour sa durabilité, mais elle sert davantage à afficher qu'à être lue de près.
Tablettes à écrire
Des tablettes à écrire.
Plaque d'ardoise gravée
L'ardoise.
Tablettes de bois écrites à l'encre
Le bois.
Livre en feuilles de palmier
Les ôles (feuilles de palmier).

Contenu élaboré à partir du support de cours « Les supports : papyrus, parchemin, papier » (Malcolm Walsby, Enssib, Centre Gabriel Naudé) et des notes de cours. Courbes d'après les données de Timothy Barrett (University of Iowa). Schémas : créations originales.